ECSI à Tremblay-en-France - Interview de Céline Fau

Céline FAU, élue aux Relations Internationales de la ville de Tremblay-en-France, et Professeur des écoles

HSF et Tremblay-en-France sont entrés en partenariat pour des actions sur la commune de Loropéni au Burkina Faso, villes jumelées depuis plus de 30 ans. Dans le cadre de ce partenariat, la Division Action Educative et Loisirs de la ville, soutenue par Madame Céline FAU, une professeure des écoles d'une classe de CE2 mais aussi élue déléguée au comité de jumelage et aux Relations Internationales de la ville, a organisé l’intervention d’HSF pour des actions d’Education à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale (ECSI) à l’occasion de son Festival des Solidarités. Les animations ont eu lieu du 17 au 19 novembre 2021, et ont touché 116 enfants répartis dans 2 écoles et 2 centres de loisirs pour toucher un maximum d’enfants, de tous milieux. Hélène Dabjat, responsable de la communication bénévole s'est entretenue avec elle et a récupéré son témoignage.

L’Eveil à la solidarité, par l’international

Ma double casquette d’élue et de professeure des écoles m’a conforté dans la véritable pertinence d’interventions, comme celles d’HSF, pour expliquer la solidarité internationale aux plus jeunes, notamment en cette période de repli sur soi et d’individualisme. De nos jours, les enfants ne savent pas toujours apprécier la qualité de la vie qu’ils mènent, l'aisance avec laquelle ils obtiennent les choses. Ils sont pour ainsi dire « blasés » dès leur jeune âge. Pour moi, organiser ces actions de sensibilisation, était un moyen de mettre avant des valeurs humanistes qui se perdent. Montrer aux enfants qu’il y a des situations dans lesquelles on a le droit de s'indigner, et que face à celles-ci, l’entraide et le partage sont inhérentes aux solutions. Pouvoir mettre en avant les actions menées par HSF, c’est leur montrer qu’il est possible d’agir. En somme, ces interventions, c’est apprendre aux élèves d’une part à « réagir » face aux injustices, et d’autre part à « agir », car des solutions de solidarité sont toujours possibles.

L’expérience du bidon

Les élèves ont été très touchés par ce qu’ils ont appris "Mais maîtresse c'est pas normal ! ». Ils ont une forme de générosité naturelle qu’il faut laisser s’exprimer, et surtout encourager. Ils ont été particulièrement marqués par le poids du bidon. Cela a engendré une vraie prise de conscience. Ils ont pu réaliser que certains enfants sont contraints de porter des bidons d’eau sur plusieurs kms alors qu’il leur suffit de « tourner le robinet ». Réaliser que la corvée d’eau peut empêcher certains enfants d’aller à l’école les a beaucoup marqués, ils ont beaucoup échangé à cet égard.

Notre société est de plus en plus nombriliste, matérialiste, plongée dans la surconsommation. Cela encourage parfois plus à la compétition entre individus qu’à la solidarité. Certains n’ont pas le bon vêtement, le bon téléphone, voire pas de téléphone tout court. Ils peuvent ponctuellement faire preuve de dureté et se heurter les uns les autres.
Qu’ils puissent se décentrer de la cour d’école, de leur quotidien, et éprouver de la tristesse à l’égard d’enfants vivant à l’autre bout du monde fut une expérience très touchante. Ils ont vécu l'expérience du bidon comme une injustice. J’ai été très heureuse de les voir capables de réagir face à l'injuste. Voilà, à mon sens, toute la richesse de ces interventions : éveiller, réveiller, exprimer, se sentir concerné.e, et même à un jeune âge… s’indigner.

Capitaliser sur cette prise de conscience

Sur le plan pédagogique, j’ai trouvé l'usage de tous les supports très judicieux et très formateur. Cela permet d’ancrer l’information par différents canaux. Les élèves n’ont pas simplement « appris », mais se sont rendus compte que l’eau est une ressource inégalement accessible à toutes les populations, et même inaccessible à certains enfants. Le côté ludique des maquettes leur a permis de bien comprendre l’accès (facile) à l’eau dans leur foyer et l’accès plus compliqué dans les pays du Sud. On s’est d’ailleurs aperçus qu’ils ne savaient pas d’où provenait l’eau de leur robinets.

Les enfants ont appris des choses essentielles et marquantes, et cela m'a permis de rebondir et d'élargir le champ de la discussion suite à l’intervention de Naomi : la solidarité bien sûr mais aussi les cultures différentes des nôtres, les continents. Je programme d’aborder prochainement le sujet du « prendre soin de soi », je compte faire certains parallèles concernant l’accès à l’eau et l'hygiène. Les comparatifs en lien avec l’accès à l’eau sont multiples et permettent de prolonger la résonnance de l’intervention HSF. Ce fut une expérience qui a marqué nos élèves, et ne pourra que leur apporter une plus grande ouverture d’esprit face à l’injustice qu’elle soit en bas de leur rue, ou sur un autre continent.

En savoir plus :

L'éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationnale chez HSF 

La Journée Mondiale de L'eau - Un enjeu global 

L'échange entre l'école de Brickaville et de Beaufort